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Jeudi 8 mai 2008

Et me voila a Kathmandu, Nepal. Après un vol sans histoire, malgré les inquietudes nées de la lecture d’un mail recu de la part d’hicham ou il me conseillait de lire l’article suivant :

http://santchetcha.blog4ever.com/blog/lirarticle-128663-492003.html

Pas d’histoire, ou en tous cas pas de mauvaise! Après un beau decollage, un petit plateau repas m’est servi avec meme le vin gratuit. Ayant bien mange et bien bu je m’endors pour ne rien voir des quelques 6 heures qui separent la capitale thailandaise de son homologue nepalaise. Mon reveil se fait ainsi pendant la phase d’atterrissage me laissant apercevoir un paysage innatendu. Des grandes plaines vertes entourent la ville pas si etendue que ca. Autour, quelques montagnes dont les sommets ne semblent ni enneiges, ni tutoyer les cieux. Je me rend alors compte que je ne sais absolument rien de ce qui m’attend dans ce pays au nom pourtant mystique. A part L’Himalaya, les temples et tintin (au Tibet mais c’est pas loin), je ne sais rien du Nepal.

Mais je suis seduit des l’arrivee qui se passe en douceur. Dans la queue pour l’obtention des visas,  je fais connaissance avec un solide gaillard, cheveux bruns, longs a la Antonio banderas, pas de doute il est sud-americain! Je lui parle en espagnol, il me repond avec autant de surprise que de plaisir. Julio, 40 ans (il en parait 30), est colombien. Il travaille tout en voyageant et sa destination preferee est le Nepal et ses montagnes. C’est sa 10eme venue ici pour un 10eme trek different. L’occasion est belle de lui poser quelques questions sur le Nepal. Au fil de la discussion, je recois mes deux mois de visa de la part d’un douanier bien detendu contre les 30 dollars reglementaires.

Je suis alors surprise du silence qui regne dans l’aeroprt. Mais j’apprends vite que seuls les passagers sont autoriser a penetrer l’enceinte, tous les autres doivent attendre dehors. Rabatteurs, taxis, accompagnateurs..

On continue notre discussion avec Julio en se dirigeant vers l’exterieur ou tout reste bien calme. Hicham m’a donne une adresse le Shangri-la Guest house, ca tombe bien l’un des rares rabatteurs presents me propose de m’y emmener. Petit, bronze bien nerveux mais avec une bonne tete, il nous embarque ainsi direction Thamel, le quartier touristique de Kathmandou. Julio, loge dans le meme coin, m’accompagne , l’occasion de me faire sur la route une petite visite guidee. Le palais du roi, du premier minister, les stations de bus, les bons restos…  et l’on est tous deux surpris du peu d’animation dans les rues, quasi desertes. On m’avait vendu des embouteillages monsters, une pollution etouffante… Rien de tous ca! Soleil, air pur et rues degagees. La question de savoir si tout cela est normal est posee au rabatteur.  Celui-ci nous annonce que nous arrivons en plein Holy! Mais Kesako?

Holy est une fete sacree (d’ailleurs holy veut en gros dire sacre en nepalis) ou, toute la journee, tout le monde doit s’asperger d’eau par tous les moyens possible (pistolets a eau, seaux, preservatifs remplis)… tous les moyens sont bons pour faire degouliner les peintures dont chacun s’est enduit le corps le matin meme (autre obligation du holy day).

Jour ferie, donc chacun est chez soit (surtout a cette heure 17h la fete est finie) et personne dans les rues. On arrive ainsi bien vite, pas de quoi glaner toutes les informations voulues aupres de mon guide colombien. Surtout que celui-ci montre une ferveur exceptionnelle a me parler de chaque detail ( “Espectaculaaaaaaaar Cedric, Espectaculaaaaaaaar”).

Qu’a cela ne tienne, rendez-vous est pris le soir meme pour un repas a la Korean kitchen, le resto le plus “spectacular” de Kathmandou.

Une petite heure après l’arrivee sur le sol nepalais, j’atteins donc le Shangri-la (qui designe un endroit situe a mi-chemin entre une oasis et le paradis). A la reception le rabatteur demande sa com’, moi je demande Hicham! Le gars de l’accueil sourit (un ami de “mon ami”, dont je saurai plus tard qui l s’agit du nom de code d’hicham dans l’hotel), le rabatteur moins (au revoir la commission). Et emmene par le premier je me dirige vers le toit de l’hotel ou je retrouve le Chamo. Non il n’est pas reparti en trek il est bien la, plein d’une peinture rouge qui lui donne bon teint, et entoure d’une 20aine de nepalais en train de chanter des airs locaux au son de sa guitare.

La fete bat son plein, me voila parachter dans un piege quelques minutes a peine après avoir pose le pied sur le sol nepalais! J’ai le droit a toutes les presentations, les “mon ami” fusent, les “ca va ca va” leur emboitent le pas. A peine le temps de prendre mes appartements que me voila une biere a la main! Mes appartements justement, un petite piece et deux lits a partager avec hicham pour 2 euros la nuit! Ouf! Après le sud thailandais bienvenu au Nepal!

Toutes ses informations digerees,  je prend enfin un peu le temps de parler avec le chamo retrouve. Il m’explique un peu le fonctionnement du Nepal. Normallement le fameux rabatteurs de l’aeroport aurait du etre mon Geo trouvetout comme c’est le cas pour chaque touriste debarquant au Nepal. Une sorte de guide capable de tout deniche et qui suit partout son touriste. J’y echappe et c’est tant mieux ainsi qu’a la journee “flambe” ou l’on emmene le touriste dans les meilleurs endroits de ses amis pour lui en mettre plein la vue. Hicham y a eu le droit et me retrace le tout. Pour le reste, ce sont la des gens adorables qui font tout pour me mettre a l’aise tres vite.

On parle du programme des prochains jours. Hicham a déjà depose son passeport a l’ambassade indienne pour obtenir le visa indien et doit le recuperer dans 5 jours soit le lendemain de l’arrivee prevue du waras. J’attendrais donc ce dernier pour faire la meme chose et on mettra a profit ces quelques jours pour visiter Kathmandou. Ensuite trekking dont hicham a toutes les informations. Mais pour choisir quel trek on verra plus tard notamment après avoir discuter avec Julio.

D’ailleurs après tous ces evenements c’est le moment de le rejoindre. On embarque avec nous une touriste allemande presente a l’hotel depuis quelques jours et on retrouve Julio a la Korean Kitchen.

Petit resto qui ne paye pas mine au fond d’une ruelle a l’ecart de l’animation de Thamel mais qui s’avere delicieux, copieux et pas cher du tout. Julio ne s’est pas trompe on va lui faire confiance pour le trek! Surtout que ce qu’il nous annonce correspond aux informations recues par Hicham plus tot. 7 zones de trek majeures, mais en enlevant celles dont le permis de trek (sesame a acheter avant de se rendre sur les zones voulues) est trop eleve et les plus lointaines, deux choix majeurs s’offrent a nous, les annpurnas ou l’everest. Pour l’everest le cote magique et les montagnes, pour l’annapurna plus de rencontres dans les villages, des montagnes toujours majestueuses et surtout pas besoin de prendre l’avion. Apres nous avoir montrer toutes les photos des deux treks sur son ordi portable (c’est quand meme bien pratique ces bestioles) on opte definitivement pour les annapurnas.

Au passage de la discussion, Julio m’annonce le prix du permis pour l’ascencion de l’everest: 70 000 dollars valables pour maximum 5 personnes. Un prix qui ne concerne que le permis et auquel il faut rajouter matos, porteurs, guides…. En gros un budget de 15000 euros pour monter sur le toit du monde (en montant une equipe de 5).. Ce sera pour (beaucoup) plus tard!

Mais le sommeil me gagne et après s’etre donne rendez-vous au hasard des rues (seul moyen en apparence pour se rencontrer dans thamel) on rentre doucement a l’hotel se reposer. Une seule journee, meme pas quelques heures a peine après avoir mis un premier pas au Nepal je sens a nouveau l’esprit du voyage s’emparer de moi. Comme en amerique du sud, déjà des rencontres, des images dans la tete et la sensation que tout peut arriver. La Thailande et ses fetes, ses rapports compliques avec les locaux m’avaient fait oublier cette sensation qu’il est encore plus bon de retrouver.

Lendemain, le reveil se fait tot mais shanti shanti (doucement doucement). Petit dej sur le toit de l’hotel a profiter du soleil omnipresent, et on s’embarque avec Hicham dans les rues de Kathmandou. Une petite balade qu’il a déjà effectue mais qu’il ne semble pas soucieux de reprendre. Et je le comprends vite. Des les premiers pas je me sens… transporte! Du monde, beaucoup de monde, tous arborant des couleurs plus vives les unes que les autres. Les saris des femmes surtout ont les couleurs les plus flashy! Beaucoup ont au milieu du front un point rouge, le troisieme oeil. Partout dans les petites rues bien defoncees qui semble sortir d’une guerre civile, des etalages proposent epices, vetements, bols de priers et de meditation, instruments de musique.. Odeur, couleur, musique… Tout y est. La rue est vivante. On se prend alors a bifurquer dans des petits passages caches dans les murs des rues principales et qui decelent, pour moi, le plus beau tresor de Kathmandou.  



A l’interieur de chaque carre forme par les ruelles, 4 barres de batiments protegent une placette de l’agitation des alentours. Sur ces placettes on trouve des temple ou des vieilles nepalaises nourissent les pigeons en masse, des enfants qui jouent autour d’une fontaine devenue piscine, d’autres batiments plus anciens et plus beaux encore que ceux qui bordent les rues exterieures ou…rien. Mais c’est déjà beaucoup lorsqu’on veut se reposer les sens ennivres par les rues adjacentes.

La balade se poursuit en direction de Dubai Square dont Hicham ne veut rien me dire avant que je le vois. Entre les marchands de legumes d’une place on distingue un attroupement et, au centre, une estrade avec quelques danseurs. Partout au dessus, des drapeaux communists sont attaches d’un bout de la place a l’autre.

Entre chaque spectacle de danse, un petit speech pour nous rappeler que nous sommes dans une phase historique (pour une fois le mot s’impose) du pays. Apres 6 ans sans gouvernement, sous une monarchie bancale, les nepalais vont devoir se prononcer dans 15 jours sur leur avenir politique. Les maoistes semblent les mieux places si l’on en croit le nombre de drapeaux, tags, tee-shirt et partisans communistes croises sur le chemin, pour mettre en place un nouveau regime. On apprend assez vite (depuis la France notamment…) que ces elections s’annoncent tendues et qu’il ne vaut mieux pas trop s’y interresser. On le fera quand meme mais sans vraiment entrer dans les details.

Bref, la marche continue et après une bonne heure a flaner on arrive sur Durbai Square. Pas le temps d’apprecier on est accoste par un gars en uniforme qui nous demande 50 roupies pour l’acces a la place. Hicham venu la a plusieurs reprises n’a jamais paye. On comprend alors que tout le monde le prend pour un nepalais qui balade son touriste (moi en l’occurrence). C’est aussi pour ca que les marchands divers et pas forcement legaux ne nous abordaient pas dans la rue. On ne touche pas le touriste déjà ferre!

La place ayant 4 entrees on fait alors demi-tour pour essayer plus loin. Rebelotte, plus loin encore idem pour finallement passer a notre 4eme tentative par une entrée non surveillee. On arrive enfin sur la place qui effectivement est assez magnifique. Partout des temples dans un style ancien en forme de pagodes chinoises et beaucoup moins luxueux (mais par la meme plus mysterieux) qu’en thailande tronent fierement. Pour apprecier le spectacle on va manger dans un hotel situe sur les toits.  La vue est splendide. Les temples et leurs toits occres sont prolonges par un palais plus moderne et le debut de freak street, ancient repaire des hippies desormais reserve aux routards nostalgiques. Au loin, on distingue quelques montagnes mais pas de pics enneiges. Ce sera pour plus tard.

Apres avoir bien traine on prend la route du retour. En se perdant volontairement histoire de ne pas passer par le meme endroit. Comme a l’aller, la route est bordee de surprise et déjà d’objets de toutes sortes (tissus, vetements, epics, bijoux) que j’aimerai ramener avec moi.

Retour a l’hotel et une reelle sensation de bien-etre m’envahit. C’est le moment que choisissent pour entrer en scene 3 anglais. Plutot un anglais et deux anglaises. Bien sympas on tchatche un peu et on part manger ensemble a nouveau avec l’allemande trouvee sur la route. On se trouve un petit resto sympa avec ambiance tamisee obligatoire. C’est la tranche horaire sans electricite du quartier. Par soucis d’economie les different quartiers de kathmandou ne dispose d’electricite qu’a certains moments de la journee. Pour savoir lesquels, se reporter a un tableau imcomprehensible affiche dans certains hotels. Un vrai Bonheur pour la douche et internet!

Un repas a la bougie donc au rythme de quelques Roxi, l’eau de vie locale, pour mettre un peu d’ambiance. Et ca marche. Le repas est anime, je suis en forme et me retrouve avec mon premier surnom deique “jesus”. Pourtant je me suis coupe les cheveux et d’ailleurs je ne sais meme plus comment tout ca a commence.. Bref pas envie d’en finir la, on se dirige vers le reggae bar. Pas trop de monde mais un bon petit groupe qui joue de la bonne musique. On danse, je me retrouve une percu entre les mains. La soiree se passe bien et après quelques verres on termine l’etage en dessous dans une boite, seuls a danser. Tout cela nous emmene vers…. 1 heure du mat’ ou l’on rentre dans les rues desormais desertees de Thamel.

Seules trainent quelques enfants mendicants et drogues, ou des moins jeunes proposant toutes sortes de produits. Mais toujours aucune agressivite. On se sent vraiment en securite a Kathmandou ou plutot a Thamel. Car il ne faut pas noircir le tableau, ce ne sont pas des centaines de gamins qui trainent, une dizaine tout au plus. Rien a voir avec les reste de la ville ou le touriste n’a d’ailleurs rien a voir. Tout lui est destine a Thamel donc pas besoin d’aller voir ailleurs… Une petite impression de ghetto pour “riche” mais je commence a en avoir l’habitude!

De retour a l’hotel on traine quelques temps encore sur le toit a jouer un peu de guitar, puis c’est le repos a nouveau bien merite.

Le reveil du lendemain est de ce fait un peu plus Tardif mais ne depasse pas les 9 heures du mat’.  On se prend a nouveau le petit dej sur le toit avec les gars de l’hotel. Il y en a qui sont toujours la a s’occuper que tout se passe bien, et a nous parler d’un peu de tout. Il y a Sabin l’un des plus prevenants et les plus bavards, Ergu le jeune (14 ans) cuistot, et tous les autres dont j’oublie toujours le nom. Mais on se sent integer dans la famille et eux nous integrent dans toutes leurs discussions.

Arrive alors un personage clef de ce debut de sejour au Nepal, Robin! Costard de marque impeccablement coupe sur veston et chemise le tout par 35 degres, lunette de soleil genre mafia indienne, costaud, cheveux longs en catogan impeccable, bague en or et montre en argent… La classe.

Respecte de tous ici, il semble sorti d’un film de gangster, mais s’avere etre un mec d’une gentillesse incroyable meme si on sent qu’il faut pas l’embeter. Il est proprietaire d’un autre hotel le Vassana bien plus chic que le Shangri-la, un peu a l’ecart de Thamel. Hicham connait, c’est l’un des lieux pour impressioner que son guide des premiers jours lui a fait visiter. Il nous demande de passer le soir meme, invitation acceptee avec plaisir. On parle un bon bout de temps pour apprendre qu’en plus de son hotel, Robin a “beaucoup d’argent” source probablement d’heritage quelquonque. Il s’implique dans pas mal de mouvements pour aider les population defavorisees, en distribuant de la nourriture ou en proposant les logements.

On se donne rendez-vous pour plus tard et on file se balader dans les rues. Au bout de 200 metres on retrouve Julio qui veut nous emmener dans un nouvel endroit pour manger, notre activite preferee du moment. On fait quelques metres dans Thamel pour rentrer au Pilgrim’s une grande bibliotheque tres classe. On suit les rayons devoilant quelques photos magiques du Nepal en couverture des livres jusqu a un petit salon. Au calme entoure d’instruments de musique. Plus loin une petite cour ammenagee en terrasse. Il fait toujours aussi beau, mais a l’abri des parasols et avec un petit vent il ne fait pas si chaud. Temperature ideale. Au menu, toujours les memes specialites que je commence a reconnaitre. Le plat typique nepalais d’abord le Dal Bat. Une enorme assiette de riz et a cote des petites coupoles contenant curry de legumes, de viande, mélange epice et le Dal proprement dit, sorte de soupe de pois chiche et de lentille a melanger au riz. Normallement a manger avec les doigts. Il y a aussi les momo, sorte de gros beignets fris ou non contenant un mélange de poulet legumes et epices, et toutes les specialites indiennes: tandoori, massala….

Autant dire que le repas se passe bien avec Julio qui nous abreuve toujours de plus d’informations sur le Nepal et ce, toujours avec la meme fougue!

On marche un peu puis on se decide a prendre un taxi pour aller admirer le coucher de soleil depuis le monkey temple, sur les hauteurs, un peu a l’ecart de la ville. Ma premiere experience vehiculee dans la ville. Et c’est ma foi un bon bapteme! Les rues sont blindees de passants, voitures, songtaw (velo avec deux passagers a l’arriere) , mais ca n’empeche pas le chauffeur de garder une allure raisonnable dans cette masse mouvante. On effleure un velo, frole une dizaine de personnes evite 2 vaches (ce n’est pas ;’inde mais ells sont déjà sacrees bien que peu nombreuses)… et après 15 minutes de slalom on arrive au pied du temple bouddhiste. 500 marches a monter et nous voila devant une stupha magnifique entouree de temples et de singes (d’ou le nom). Ceux-ci sont chasses par les moines pendant qu’ils essayent de voler quelques denrees, spectacle sympa. Derriere, au bord de la colline, la vue est magnifique sur Kathmandou d’un cote et sur le soleil qui se couche de l’autre. On profite de l’instant longuement, un dernier tour pour prendre quelques singes en photos et on redescend doucement pas sans remarquer quelques curiosites au rayon souvenir. Des bouddhas en position du lotus sont a vendre. Jusque la rien de bien surprenant. Sauf que, sur ces bouddhas, sont assises en califourchon des demoiselles en petite tenue (ou sans tenue) semblant prendre un malin plaisir a essayer de les detourner de leur meditation. Un objet qui en thailande aurait certainement valu quelques deboires a son createur.

Retour a l’hotel par le meme moyen de transport, toujours aussi habile (ou fou au choix) prendre une douche vite fait avant de rejoinder le Vassana et Robin.

On y mange une nouvelle fois bien et après avoir passé un petit bout de soiree sur les toits en compagnie des acolytes de Robin, on rentre pour notre derniere nuit avant l’arrivee (presumee) du sieur Waras dans la capitale nepalaise.

On est lundi et toujours le meme ritual du matin. Reveil, on file sur les toits prendre un petit dej au soleil. Robin est la, les autres aussi dont Keke, son associe dans l’hotel (ils sont 3 proprios). Ils parlent un peu de travail, des opportunites a Kathmandou et je me sens tellement bien ici que je leur demande s’il y a moyen pour un etranger comme moi de travailler un peu. A moitie serieux, je suis surpris de voir le visage de Keke s’illuminer. Il me parle direct d’un projet monte par une Suisse et a laquel se sont associes Robin, Keke, le 3eme proprietqire du Vassana et un autre nepalais nomme Karma. A la fin de la semaine, ils partent 10 jours dans un village de la vallee de Kathmandou nomme Saakhu. Ils y rejoindrons une centaine d’enfants issus de plusieurs orphelinats de la region pour leur apprendre la musique. Le nom du projet “Music camp”. Ils manquent d’aide en general et de profs en particulier et seraient ravis de nous compter parmi eux. Enfants, musique, village dans la vallee? L’idee me plait et seduit egalement Hicham. Mais elle remet tout notre programme en question. Apres avoir bien traine en Thailande, l’objectif est de ne plus perdre de temps avant de rejoindre l’Inde. Mais ce projet semble etre tout sauf une perte de temps… on decide d’attendre le Waras et son pied pour decider de la suite. Keke nous donne rendez-vous au vassana le soir meme pour plus d’informations. Rendez-vous est pris.

On part alors flaner un peu en ville, faire un tour sur Internet ou les nouvelles du waras ne sont pas les plus rassurantes quand a son arrive prochaine parmi nous! Il semble que toutes les agencies de Bangkok se soient liees contre lui. On rentre quand meme a l’hotel pour l’attendre et reflechir un peu au projet music camp. On est de plus en plus convaincu lorsque contre toute attente alors que l’on discute de ca avec les 3 anglais, le waras fait son apparition sur la terrasse. Le sourire, le pas non boiteux, il a l’air en pleine forme. Et surtout soulage.. Il nous annonce avoir faille s’embarquer pour l’egypte lorsqu a son arrive a l’aeroport de Bangkok en provenance de Krabi aucun comptoir Nepal airlines ne lui propose de billet pour katmandou. Il lui aura fallut attendre la fin de l’embarquement pour acheter un billet en mettant en liquide les sous devant les yeux du chef d’escale. Il paye au final moins cher que nous. En Asie tout se negocie meme les billets d avion a l’aeroport. Apres un voyage apparemment mouvemente il est quand meme parvenu jusqu a nous! Nous voila donc reunis pour la premiere fois depuis le Laos.

On lui parle direct de tous les projets qui lui conviennent tout a fait. Un peu de temps pour recuperer son pied et faire son visa pour l’inde avant de s’embarquer pour trekker n’est pas pour lui deplaire! On ira donc au Vassana prendre plus d’informations mais plus tard. Ce soir, on fete les retrouvailles.

On boit donc une petite biere avec les anglais et les guitares et arrive alors une israelienne a la voix crystalline qui demande a utiliser la guitare. On la laisse faire et elle nous chante magnifiquement quelques chansons de jeff buckley, Janis Joplin. Un beau repertoire mais pas tres festif. On decide alors de changer d’air pour aller mager dans un petit resto. On en trouve un bien sympa avec toujours l israelienne et les 3 anglais plus deux suedois rencontres a l hotel. La soiree ressmble a la derniere passee ensemble. Repas, Reggae Bar et danse. On rigole bien avant de rentrer finir a l’hotel une nouvelle fois en chanson. Les deux suedoix, emballes par la musique nous donne des bons plans pour l’Inde, on echange les mails, les anglais partant pour l’everest le lendemain, et on va se coucher. Lendemain, on goutte pour la premiere fois a la terrasse le matin avec le waras. Toujours aussi beau, on prend le temps avant d’aller faire un petit tour en ville. On s’occupe de regler deux trios details, on organize le planning des jours a venir et pour vraiment mettre les choses au point on retourne au vassana voir Robin pour plus d’informations sur music camp. On arrive vers 19 heures, petit repas rapide au resto de l’hotel en attendant Manu, la Suisse a l’origine du projet que Robin a inviter a se joindre a nous. A peine le rpas termine, Keke arrive avec Manu. Suisse donc, la 40aine, elle nous presente music camp. Une premiere edition a eu lieu deux ans et demi auparvant regroupant une trentaine d’enfants autour de la musique. L’idee est de reunir cette fois 100 gamins issus des orphelinats de kathmandou et de sa vallee dans l’orphelinat en construction de Saakhu a 30 minutes de la ville. Pendant 10 jours ils vivront la, encadre par quelques benevoles charges de leur apprendre toute la journee la musique. Pretexte pour leur donner un peu de baume au Coeur, mais pretexte payant car ayant pour objectif la creation d un cd enregistre lors du can. Les fonds seront entierements remis aux gamins et vendus en Europe et via le site  http://www.musiccamp2008.ws24.cc/  (en lien sur le blog).

Tout cela semble bien ficele. Ce qui l’est moins c’est le fameux encadrement. Un gros doute subsiste sur le nombre de prof disponible. En gros, on tombe bien au bon moment pour eux et pour nous, car cette petite presentation finie de nous convaincre. On s’inscrit  en encadrants (pour le waras) et profs (guitare et djembe pour moi, djembe pour hicham) en echange de quoi on nous propose d’etre loge nourri pendant 10 jours. En plus des gamins et de la musique, c’est la l’occasion de rattraper un peu la ligne de conduit financiere après les exces thailandais.

Tout le monde semble aux anges, on part feter ca sur le toit. On se met a l’aise pendant que Manu installe son PC pour nous montrer deux petits clips. Le premier est celui de la premiere edition de music camp. On y voit les gamins tous les jours apprendre pour finallement chanter en Coeur la musique qui en est le fond sonore. Avec toutes ces bouilles on est desormais surs d’avoir fait le bon choix. Et plus la soiree avance plus le courant passe avec Manu. Deuxieme clip, elle nous le presente comme le film de sa vie. On y voit des photos d’elle heureuse, puis au bout de quelques secondes les mots “seropositive depuis 1984” apparraissent sur l’ecran. Le décor est pose. La suite du film, touchant, montre le combat de cette femme contre la maladie qui par deux fois déjà l’a envoye au tapis. Se relevant affaiblie et amaigrie (pres de 20 Kg) mais toujours pleine de vie et de reves, elle s’est lancee dans ce projet au Nepal et le porte a bout de bras. Le film fini, il a fallut quelques secondes avant qu’un rire de sa part ne vienne troubler le silence, aussitot suivi des notres. Voila, tout etait dit sur son passé, place maintenant a l’avenir.

On reste la quelques temps a parler de tout ca et a s’emballer sur les choses a faire sur place mais il est l’heure de rejoinder nos lits.

Mercredi, pour la premiere fois pas de petit dej’ sur le toit mais un reveil bien tot pour se rendre a l’ambassade d’Inde. Objectif: obtenir un visa de 6 mois, arme: la patience! Il faut venir une premiere fois un matin, faire la queue pendant 3 heures (en moyenne), deposer un dossier de demande et revenir 4 jours plus tard. Entretemps, ils se renseignent aupres du pays d origine pour savoir si tu n’es pas un hors la loi et en function de la reponse te donne l’accord au matin du 4eme jour ouvre. Un accord obtenu après 3 nouvelles heures de queue mais qui ne signifie pas la fin de l’aventure puisqu on laisse le passeport pour revenir le chercher en soiree estampille après cette fois 1 bonne heure d’attente.

C’est pour cedric et moi la premiere etape et pour Hicham la deuxieme. Un Hicham Richard toujuors en forme et qui se rend compte au moment de penetrer a l ambassade qu’il a oublie ses photos d’identite. Mais on le soupconne vite de l’avoir fait expres. Il prend ainsi bien son temps pour nous rejoindre deux heures plus tard. Il ne nous reste plus qu une heure de queue a faire, il se faufille malgre notre refus. Heureusement, quelques attractions font passer le temps. Un couple de russes completement fou habilles comme des extraterrestres et hurlant tout le temps essaye de passer toujours devant tout le monde. Un argentin jongle comme un dieu avec 5 quilles.. c’est le cirque. On tchatche avec les gens… mais malgre tout c’est long. Mais une fois au guichet c’est rapide, depot de papier convocation pour le lundi suivant et c’est parti.

De retour a l’hotel seul hicham est degoutte car lui vient de recevoir son autorisation mais pour 3 mois seulement. La faute a l’agent pas bien fute. Quelques courses pour le camp et c’est déjà l’heure de dormir.. Le lendemain, les enfants nous attendant en forme!

Par MoalitO
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