A vrai dire on s’en doutait, d’après les propos tenus par les différentes personnes rencontrées auparavant et qui étaient passées par ce petit village d’apparence tranquille lové au milieu d’une vallée au bord de la rivière et entouré de montagne fines et verticales, sortes d’obus naturels recouverts de végétation.
Et dès notre arrivée, le piège se refermait sur nous. Première étape, trouver un hôtel, chose beaucoup plus compliquée que prévu et preuve de l’engouement touristique que suscite Vang Vieng. Pendant que le Waras se pose au milieu de la rue principale avec une petite pancarte indiquant notre recherche, Hicham et moi commençons à arpenter les 3, 4 rues qui forment le village à la recherche d’une chambre. Une recherche qui dure près de 2 heures durant lesquelles, à chaque porte, nous est donnée la même réponse « full ». On se sépare et c’est l’occasion pour moi de connaître la ville. Une rue principale bordée de Guest house dont le rez-de-chaussée est transformé en salle de TV passant en boucle les épisodes de la fameuse série Friends. Assez dépaysant après la nature sauvage du nord et, à vrai dire, assez navrant !
Faire des milliers de Kms pour s’entasser devant une télé passant la serie la plus populaire et mondialement connue, ca fait un peu de la peine mais ca semble ravir les anglophones de passage par ici.
Pas trop de succès dans cette rue, qui est évidemment la plus prisée, je me dirige donc vers les bords de la rivière. A cet endroit changement radical, les Guest house sont bien plus roots et jolies, des airs de guitares s’échappent au milieu d’odeurs voluptueuses avec vue sur la rivière, mais toujours la même réponse.
Je tombe alors sur un panneau Island Bar bungalow. Je suis sa direction et après avoir traversé un petit pont de bambou pas très rassurant, nouveau changement d’ambiance. Les bars en plein air se succèdent tous sur le même modèle mais avec des musiques différentes. Pour le modèle, il s’agit de bars entourés de bungalows ouverts où sont installés des hamacs, éclairés par la seule lumière d’un grand feu centrale et de quelques guirlandes lumineuses. Il n’est que 20 heures, les bars sont déserts mais ca n’empêche pas les propriétaires de booster la musique. Un coin rock, un autre reggae, puis musique plus dansante de la pop a la techno. Pour tous les gouts. Par contre au niveau des lits choux blanc !
Je m’apprête à rejoindre mes compères, lorsque, au moment de franchir un autre pont je me fais aborder par Dominique (ca ne s’invente pas), le lady boy du coin. Apres deux minutes il me propose de revenir avec mes amis planter notre tente devant sa Guest house… Un peu risque, mais c’est la seule solution pour le moment donc je la garde au cas où... Heureusement de retour auprès de Cédric, point de rendez-vous, Hicham m’annonce avoir trouvé une chambre pour 3, à 6 euros la nuit... Un petit peu à l’ écart de la ville, mais vue la situation, on ne fait pas la fine bouche et on se met en route. 10 petites minutes de marche et on prend donc nos appartements dans une petite chambre bien propre. Le patron a l’air sympa, on valide !
Quelques minutes pour se changer et on repart direction la ville pour manger et boire un coup. On évite les bars à Friends et après un repas rapide on se dirige vers l’Island bar et son bar apparemment le plus populaire : le smile bar. On ne croise pas grand monde sur la route jusqu'à l’entrée du bar où c’est l’explosion. Même modèle que tous les autres bars de l’ile, mais cette fois, blindé de touristes. Ca danse autour du feu, ca mate dans les hamacs et partout ca boit les fameux buckets. On y retrouve Anna, la hollandaise rencontrée a Luang Prabang, qui nous donne quelques plans, mais on n’a pas vraiment le temps de profiter de la soirée car comme partout au Laos, le couvre feu sévit et, à minuit, la musique est arrêtée.
Pas plus mal, le voyage en bus et la recherche de chambre m’ont épuisé, on rentre donc, après une soirée que l’on qualifiera de repérage, se coucher en se disant que l’endroit va vraiment bien nous plaire.
Lendemain, réveil avec le beau temps. On décide de continuer l’exploration de la ville. On se renseigne pour la location de moto, le tubing (j’y reviendrai plus tard), et l’exploration des grottes. Ca, plus des bons petits repas, la découverte des happy menu, et un tour sur Internet et la journée s’achève. Retour donc a l’hôtel pour se changer et profiter de la vue magnifique sur les montagnes et les champs. Encore une fois la chance nous a sourit ! Trouvé à l’arrache, cet hôtel bien qu’à dix minutes du centre est parfait. Calme, vraiment pas cher, propre, avec une vue splendide et une famille d’accueil adorable… C’est d’ailleurs avec eux que l’on passe le début de soirée à jouer au foot avec les gamins où à la pétanque (sport national, héritage du « passage » français au Laos) avec les plus grands.
Les différentes parties sont arrêtées par la nuit, signe pour nous de retrouver le smile bar !
La soirée se passe bien, mais rien de fabuleux, je n’arrive pas à me lâcher avec l’anglais donc pas facile de rencontrer des gens. Surtout que tous semblent en bande. On danse quand même, une bonne soirée mais encore une fois à minuit on est couchés !
Ca tombe bien on veut se motiver à se lever tôt le matin pour partir a l’attaque d’une des activités que propose la région. Mais cette belle motivation est tuée par le temps. Sans pleuvoir il fait gris, et trop froid pour la baignade ou la moto. On passe donc la journée à se balader dans le village. Cédric, un peu fatigué des derniers jours nous quitte pour terminer l’ultime tome d’Harry Potter et on se dirige donc avec Hicham sur l’ile voir a quoi elle ressemble en plein jour. Le tour est rapide et on se pose au Lucky bar en bordure de rivière attendre le coucher du soleil. On y voit défiler quelques touristes sur leurs bouées terminant leurs sessions tubing. Ils semblent avoir froid et n’ont pas trop le sourire ca ne donne pas envie. Pourtant sur le papier tout semble nickel. On remonte la rivière sur 3 kilomètres en tuk-tuk où l’on est lâché sur d’immenses chambres à air pour rejoindre le village via la rivière grâce au courant. Sur le chemin quelques bars sont censés agrémenter le voyage de leurs buckets... On met donc le manque d’entrain apparent des gens sur le compte de la température de l’eau et on se décide à n’entreprendre cette descente qu’avec un beau ciel bleu !
La soirée progresse notre état de forme aussi, grâce a un thé régénérassent ! On squatte alors autour du feu, occasion de rencontrer James, un anglais bien sympa vivant à Bangkok et squattant le Laos pour renouveler son visa thaï. Un peu de percu, on tchatche et on se dirige à nouveau avec le Chamo vers le smile bar.
Mais ce soir pas d’envie de danser ou de boire, juste celle d’observer les gens à l’ écart sur un hamac. On squatte donc dans un des petits bungalows qui entourent le feu et on rigole bien en regardant tous ces gens faire la fête. Au bout d’une heure, alors qu’il nous semble être minuit, un australien débarque et nous demande s’il peut squatter la moitie de la cahute avec nous. Bien sur on accepte avec plaisir, sauf qu’il n’est pas seul... en 2 minutes une bonne quinzaine de personnes se retrouvent dans le bungalow à cote de nous. Une situation qui nous rappelle Tulum avec le même chamo. La moitie du bungalow pour nous deux et nos hamacs, l’autre moitie pour 15 touristes entasses par terre. Du coup, on part en crise de rire à se rappeler ce bon moment, un rire encore plus franc lorsque l’on apprend qu’il n’est que 21h30, ce qui n’est pas du gout d’une anglaise qui essaye de nous faire comprendre que ce serait bien de s’en aller. Je lui fais alors comprendre qu’elle risque de se retrouver avec le bucket (que Hicham a finalement acheté) sur la tète, et que son brushing de Cocker aurait du mal à y résister. L’australien lui explique qu’on est la depuis bien longtemps et elle repart énervée vite suivie par le reste de la bande enfin décidé à aller onduler les corps autour du feu. Retour a la tranquillité et on reprend notre travail d’observation qui porte notre regard sur Dominique toujours fidele au poste. Il vient nous saluer comme à chaque fois et nous demande des nouvelles du Waras. Celui-ci semble avoir la cote il sera ravi de l’entendre le lendemain. Quelques minutes plus tard, juste devant nous, un anglais de la bande précédente s’écroule jambe à l’extérieur, complètement cuit ! Dominique, à l’affut, ne laisse pas filer l’occasion et entreprend une petite danse de réveil, dos tourné à sa proie bien évidemment... Celle-ci se réveille et semble ravi que dans cet instant de solitude une jeune demoiselle s’intéresse a lui, il se redresse, la prend par la taille et ni une ni deux, notre lady boy l’embarque vers la rivière…. Sous l’œil discret de l’appareil photo de l’un des amis de la victime qui se transforme en Paparazzi. Avec Hicham, le rire devient crise et les abdos sont de plus en plus douloureux. Ca semble contagieux car lorsque notre ami photographe montre ses œuvres à toute la bande, le fou rire est généralisé. Heureusement, certains vrais amis du malheureux volent à son secours, et, au bout de quelques minutes celui-ci revient tout penaud, alors que Dominique réapparait visiblement irrité(e) de ne pas avoir achevé sa proie.
C’est sur ce grand moment que l’on décide de rentrer. Encore une fois, on n’aura pas rencontré de gens, mais on aura bien rigolé et on se motive pour se lever tôt !
Mission facilement accomplie, mais encore une fois le soleil ne semble pas vouloir nous sourire. Les activités sont une nouvelle fois repoussées, le programme est donc le même que les jours précédents. Balade dans la ville, Internet, passage devant les rediffusions de Friends qui continuent à tourner en boucle, repas et on squatte un peu la Guest house avec la famille. On se décide à partir le lendemain, tant pis pour tubing. On part boire un dernier verre en ville dans un nouveau bar le « Oh la la » (on comprendra plus tard pourquoi).
Une étape qui va totalement transformer notre passage a Vang Vieng.
19 heures, on s’installe donc au bar. Le serveur, Tony, est Irlandais et décide de s’occuper de nous. Le Waras flaire l’embuscade et part manger. On commande donc un petit bucket de Lao Whisky. Toujours la même recette, la moitie du seau est occupe par le whisky local et le reste par du coca et du red bull, le tout glacé. Tout se passe bien jusqu'à ce que Tony décide de nous faire gouter le Lao Lao du patron, ce fameux alcool de riz a 50% qui nous a fait tant de mal par le passé. On rigole bien et toutes les 20 minutes il revient à la charge avec ses petits shooter, « cadeaux » de la maison. Une chilienne et une irlandaise s’installe à cote de nous. Trop content de parler espagnol, je tchatche donc la première (dont je ne me rappelle plus le prénom) pendant qu’Hicham danse. Le Waras revient 1h30 plus tard et…. Je me réveille dans mon lit, vêtements pliés à cotés ! Aucun souvenir, trou noir total... J’attends le réveil du Chamo, chose qui ne m’apporte rien car lui se rappelle exactement de la même chose. Je vais donc vers la chambre du Waras (qui a décidé de s’exiler pour fuir ceux qu’il surnomme gentiment le bruit et l’odeur) mais porte fermée il semble déjà en ville. On croise notre voisin japonais, avec qui on avait fait un rapide concert guitare didjeridoo bien sympa la veille. Il nous apprend que l’on est rentrés vers 23 heures mais rien de plus. On vérifie nos poches, tout y est voir trop, seules nos chaussures ont disparues !
On retourne donc sur les lieux du crime en savoir un peu plus. Du bout de la rue, Tony nous reconnaît et nous saute dans les bras. Il semble qu’il soit devenu notre ami ! Lui se rappelle et commence à nous expliquer. On s’est mis à danser comme des fous puis Hicham a disparu de la soirée. J’en ai alors profité pour me rapprocher de la Chilienne lorsque le patron a retrouvé Hicham… en train de dormir dans le petit jardin intérieur caché entre un arbre et un fourré. Ils ont du m’extirper de ma discussion pour que je m’occupe de lui. Et l’on est parti pieds nus jusqu'à la chambre, lui car il a oublié ses claquettes dans son lit provisoire (mais on les retrouve lors de la reconstitution), et moi car les miennes n’ont pas résisté aux pas de danse enflammés et ont rendu l’âme !
Mais apparemment tout s’est passé avec le grand sourire et tout le monde dans le bar semble très content de nous revoir… Bref ca y est, on est connu. Dans la foulée le Waras débarque du cyber d’à coté et nous raconte sa version, pas très éloignée de celle de Tony. De retour du resto il nous a trouvé en furie en train de danser, parler, jouer avec mon chapeau… Décalé, sans comprendre pourquoi (seulement 1h30 d’absence), il a préféré nous laisser à la fête et rentrer tranquille.
Bref une grosse partie du mystère est résolue, seule reste une inconnue non racontable.
Mais la bonne nouvelle du jour est que le beau temps est revenu. On se décide un peu dans le pâté à partir pour le tubing, rite initiatique de Vang Vieng. On part se changer, louer les bouées, on embarque dans un tuk-tuk et 10 minutes plus tard on se retrouve les fesses d’en l’eau à descendre la rivière… Et c’est le moment où l’on comprend tout !!! Pourquoi il n’y a personne la journée en ville alors que les hôtels sont pleins, pourquoi le tubing est populaire, pourquoi tous les gens semblent se connaître lors des soirées et pourquoi tout le monde est bourré à minuit… En fait le tubing n’est qu’une excuse pour faire la fête tout l’après-midi. Sur l’eau on peut distinguer une centaine de bouées, entendre de la musique à fond et au bout de quelques mètres sur l’eau rencontrer le premier bar. Les buckets sont la, les touristes aussi pour l’instant calmes ; ce n’est que la première escale. On repart après 20 minutes et un bucket (Cédric rescapé de la veille nous est d’un grand secours), plus joyeux. 200 metres plus loin nouveau bar et un peu plus d’ambiance. Un grand saut à faire dans la rivière après s’être suspendu à la tarzan à une liane, la musique un peu plus forte, les gens un peu plus chauds. On y retrouve James et ses potes et on commence à rencontrer de plus en plus de monde. Les nanas semblent très libertines et s’écrivent des invitations à la débauche sur le corps. L’occasion pour moi d’enrichir mon anglais de nouvelles expressions dont le fameux « motorboat me », avec un verre offert au premier d’entre vous qui trouvera ce que cela signifie !
On repart à nouveau à l’assaut de la rivière et on est franchement en forme. On parcourt 500 mètres et on arrive à… Ibiza, ou en tous cas a l’image que je m’en fais ! 500 jeunes en train de danser, boire, s’enlacer, jouer au volley, sauter dans l’eau après une tyrolienne… le tout en maillot de bain. C’est noël ! J’y retrouve Tony plus en forme que jamais.
Cédric et Hicham jouent pour moi les rabatteurs, et je rencontre ainsi de plus en plus de monde. Majoritairement irlandais (décidemment j’adore ce peuple), des hollandais, et des Israéliens (décidemment, j’ai du mal avec eux). Un après-midi de folie donc, mais la nuit tombe et il nous faut rejoindre le village 2 Km plus bas. On commence en bouée mais on se rend vite compte que ce sera impossible donc on se rabat sur le tuk-tuk qui, question d’habitude, nous attend de l’autre coté de la rivière. On est 8 à l’intérieur et le retour se fait en chanson, ou plutôt en hurlements ! A peine arrives, Cédric commence un show dont il a le secret et nous fait bien rire. On file vers le Oh la la ou Tony et tous les irlandais(es) nous attendent déjà. On enchaine, on rigole, on danse, on rencontre toujours plus de monde… puis direction le smile ou cette fois ci, on connaît 80% des gens présents. La soirée est donc forcément différente et après des étapes anglaises et israéliennes je finis la soirée au Chili après avoir retrouvé ma belle de la veille.
Hicham rentre on ne sait comment et Cédric finit la soirée avec un irlandais à le chambrer sur la défaite de son pays contre la France deux jours plus tôt.
Le lendemain, le réveil est forcement plus difficile. On part prendre le déjeuner au Oh la la et c’est officiel on connaît tout le monde. On refait le match avec tous ces invites surprises, je retrouve ma Chilienne que je perds aussitôt, et on retourne à l’hôtel pour une sieste bien méritée. Cette fois-ci c’est sur, on part le lendemain pour Vientiane. On retourne donc dire au revoir à tout le monde quand une nouvelle embuscade me tend les bras. Mais celle-là est des plus agréables.
Je laisse quelques instants Cédric et Hicham au bar pour aller faire du change, et j’y rencontre Sandra, une petite bombe blonde canadienne qui m’aborde direct. On discute 5 minutes et elle m’accompagne rejoindre mes compères. La chilienne ayant disparu de la circulation je me laisse charmer et finit la soirée avec elle. Forcement je me réveille tard et le départ est à nouveau repousse d’une journée.
Cette fois-ci, la répétition des fêtes a enfin raison de notre motivation et on passe la journée à se reposer à la Guest house. On a déjà dit au revoir a tout le monde, donc pas de raison de retourner en ville, on se couche tôt et, enfin, le lendemain on recharge les sacs a dos, direction la station de bus pour rejoindre Vientiane, capitale et dernière étape laotienne. Un trajet que l’on aurait pu effectuer en kayak pour une belle expérience mais les aléas climatiques ne nous ont pas permis de nous lancer dans cette aventure. Vang Vieng nous tend alors un dernier piège, le bus de 10 heures étant complet. Mais on achète nos billets pour 13 heures et on patiente dans un resto a cote de la gare. Le moment de constater avec regret que le temps et les activites mouillees ne nous ont pas permis de prendre de photo de cet endroit magique!
13h30, enfin nous sommes sur la route. Un trajet rapide, 3 grosses heures étant suffisantes pour rejoindre la capitale que l’on atteint vers 17 heures. On croise le soleil qui part se coucher derrière le Mékong, ultime frontière avec la Thaïlande qui observe Vientiane depuis l’autre rive. Pas le temps d’en profiter il nous faut à nouveau trouver un hôtel. Cette fois 20 petites minutes suffisent à trouver notre bonheur. C’est notre dernière nuit à 3 car Hicham doit partir le lendemain retrouver sa douce Kéké à Bangkok. On ne célèbre même pas l’événement, et après un bon repas on va se coucher pour effacer complètement la fatigue accumulée.
Le réveil suivant s’effectue donc tôt, vers 7 heures pour le Chamo et moi. On laisse le Waras finir sa nuit, trouve un hôtel avec chambre de deux, dépose nos affaires et laisse un mot au Waras pour qu’il fasse de même à son réveil. J’en profite aussi pour emmener mon linge à laver pendant que Hicham, après s’être fait chiper la dernière place de train devant ses yeux, achète son billet de bus pour la capitale de Thaïlande cette fois.
On enchaine par une petite visite de la ville, deux trois temple bien jolis (on en a pas vu depuis longtemps donc ca fait plaisir), la maison blanche laotienne
, le ministère des finances (à l’intérieur duquel flottent côte à côte les drapeaux laotien et communiste, j’aime ce pays),
l’arc de triomphe local Patuxai,
pour finir après 3 bonnes heures de marche au Pha That Luang, le monument le plus sacré du pays.
Celui-ci n’ouvrant qu’à 13 heures, on met a profit la demi-heure qui reste pour manger dans un petit resto excellent. Service et cuisine 4 étoiles pour un prix vraiment dérisoire. La visite
ensuite est rapide, les alentours et les quelques temples présentent plus d’intérêt (notamment le tuk-tuk Che Guevara)
que le monument en lui-même, gros obélisque en or néanmoins très photogénique. On rentre alors en tuk-tuk jusqu’au That Dam (Black Stupa) à quelques centaines de mètres de l’hôtel. Monument
original par sa couleur, qui semble sortir de la jungle au milieu d’un carrefour, et qui renferme les esprits protecteurs du Laos.
15 heures on est de retour à l’hôtel ou on retrouve le Waras, et on se repose avant de laisser Hicham partir prendre son bus.
Cela fait, on part admirer le coucher de soleil entrevu la veille, cette fois depuis la terrasse du Sunset bar, qui comme son nom l’indique est le meilleur endroit
pour en profiter pleinement. Pas trop de touristes, le spectacle est agréable. Le soleil, rougit par une petite brume, se reflète dans le Mékong coupé en deux à cet endroit par une immense langue
de sable. En face toujours la Thaïlande. Au milieu, les gamins jouent au foot. Et de notre cote, la bière est bien fraiche. Du bonheur.
On rentre en ville manger indien (poulet tika massala, riz au safran, nan fromage et lassi banane a prix toujours aussi doux), avant que je n’arrive à convaincre le Waras à me suivre au Future, LA boite de Vientiane. Mais il ne fait pas long feu et m’abandonne au bout d’une petite heure, laissant l’occasion a Saan, étudiante laotienne de 27 ans de m’aborder. Grace a elle, je valide in-extremis et complètement le Laos, grâce a une nuit a l’image de ce pays, belle et inattendue.
Il est alors le temps de quitter ce petit paradis et de rejoindre la Thaïlande. On quitte la chambre in extremis et on va profiter une dernière fois du soleil et de
la plage de Vientiane. En cette saison, le Mékong n’est pas au plus haut et laisse apparaître une bande de sable d’une centaine de mètres de largeur qui tombe d’un coup à pic dans le fleuve
nourricier. Sur la rive on se sent vraiment a l’écart de la ville dont on distingue a peine les bruits.
Mais un jeune lady boy vient nous gâcher le plaisir en venant glousser (il n’y a pas d’autres mots) autour de nous pour attirer notre attention. On s’en va avant de s’énerver, on récupère les
sacs et on embarque dans un tuk-tuk direction le pont de l’amitié a 20 kilometres plus a l’est et trait d’union entre les deux pays. Œuvre des australiens, il termine la route de l’amitie qui
relie Nong Khai (ville frontière thaïlandaise) et Bangkok, construite par les américains lors de leur villégiature dans la région.
Le tuk-tuk nous laisse au poste frontière que l’on passe sans souci en quelques minutes avant d’embarquer dans un bus qui traverse le pont. De l’autre coté, ce sont les formalités d’entrée en Thaïlande qui, encore fois, se font en 5 minutes.
10 minutes de Tuk plus tard et on se retrouve dans une petite Guest house bien sympa, toujours au bord du Mékong mais cette fois-ci avec le Laos en face. Le soleil
nous offre alors un nouveau coucher de soleil magique avec, en premier plan, le pont de l’amitié.
Dans la foulée je trouve une cabine téléphonique pour appeler Florian et Ae qui sont un peu plus bas a Kon Khaen. Ils nous proposent l’hospitalité quelques jours dans la famille d’Ae, chose que l’on accepte avec grand plaisir. Le rendez-vous est donc donné pour le lendemain après-midi.
La soirée s’annonce courte, je laisse Cédric à la Guest house parler avec un français et je vais faire un petit tour de la ville. Je ne sais pas trop comment, mais après Saan et l’adieu du Laos la veille, c’est Pe-on qui me souhaite cette fois la bienvenue en Thaïlande. Je rentre donc fort tard m’attendant à trouver le silence à l’hôtel quand j’entends des beuglements et des voix françaises. Je monte les escaliers, essaye d’ouvrir la chambre mais je trouve porte close… Bizarre car c’est moi qui est les clefs. Je rentre. Pas de Waras. Mais après 5 minutes, je reconnais sa voix au milieu des beuglements de la chambre d’à cote, je le rejoints donc et arrive dans une scène assez comique. Il y a Arnaud, Cédric (un autre, encore), le Waras, une fille en train de dormir sur le lit, et une autre, auteure des fameux beuglements, en train de rejeter le trop plein de whisky qui habite son foie dans un sac troué. Le Waras a l’air consterné et heureux de me retrouver. Ayant fermé la porte a clefs en descendant dans le jardin il s’est retrouvé à la porte de la chambre et personne dans l’hôtel pour lui ouvrir. Il a donc du suivre les deux voisins en boite et les voir ramener deux nanas. On rigole quand même avec eux mais on les laisse rapidement pour aller dormir.
On les retrouve lors du petit dej’, et je rigole bien au récit de leur soirée. Mais pas le temps de s’attarder on est attendu et on file à la gare routière chopper un bus. Les billets en main, j’appelle Flo pour lui donner notre heure d’arrivée et on monte dans le bus. 3h30 de bus que je ne vois pas passer grâce a une bonne sieste et on debarque dans la 4eme ville thaïlandaise avec une sensation inédite depuis Aguascalientes au Mexique mais agréable, celle d’être attendus a l’arrivée.
On voit donc Flo débarquer, tout blanc (il est arrive 4 jours avant de France) et tout classe avec le frère de Ae ! C’est bien, on parait bronzés mais à l’arrache à coté. On se chambre mutuellement et on embarque dans un tuk-tuk en suivant nos deux hôtes qui nous précèdent en moto. En arrivant on sent tout de suite que l’on est pas dans l’endroit le plus touristique de la Thaïlande mais peut être l’un des plus authentiques. Pas d’européens, des sourires à tous les coins de rue et encore plus lorsque l’on atteint la maison. Une grande partie de la famille est présente, attendant l’arrivée des Farang !
Des plus jeunes aux plus anciens tous nous accueillent avec sourires et Wai (le signe des deux mains jointes, le bonjour thaï) que l’on leur rend, même si l’on a plus envie de les prendre dans nos bras. Ae, toujours aussi rayonnante nous présente tout le monde sans retenue, parfois de façon un peu embarrassante. « ca c’est ma sœur, vous avez vu comme elle est grosse ? ». Une phrase que personne n’oserait prononcer en France mais qui, ici, est normale. Elle nous parle également sans retenue des petits problèmes de santé des uns et des autres, de leur travail… On semble connaître tout de leurs vies après seulement quelques minutes en leur présence. On se sent tout de suite à l’aise, avec tout de fois déjà un gros regret, celui de ne pas parler Thaï. Hormis Ae, personne ne parle anglais, et la communication de se fait que par elle, les gestes et surtout les yeux.
A peine les sacs posés, c’est le début du festin. Au menu les fruits de mer. Crevettes, moules, riz gluant (dont Ae m’apprend la recette au passage)… Un vrai régal que l’on ne peut terminer !
A la fin du repas, on attaque quelques bouteilles de vin français (pas amateur ca me fait pourtant du bien) ramenées par Florian. Le plus petit de la famille devient vite mon pote, me sautant dans les bras a chacune de mes apparitions, et voulant faire l’avion a chaque fois… je m’exécute avec grand plaisir. Puis, c’est le copain de la nièce d’Ae qui semble avoir envie de communiquer, mais c’est toujours difficile. Je pense alors à lui demander s’il joue de la guitare. La réponse est oui, je sors donc la mienne de son étui et la lui confie pour la soirée. Ils me demandent quelques chansons françaises. Je m’exécute avant qu’il ne récupère à guitare pour nous chanter des airs Thaï repris en cœur par toute la famille. Un très bon moment qui me fait vraiment penser a la Nouvelle-Calédonie. Toute une famille réunie pour donner du plaisir a des gens qu’elle ne connaît pas, le repas a même le sol sur une natte, les chants… on se sent vraiment bien, a quelques heures seulement de Vang Vieng et pourtant si loin !
La veillée ne dure pas tard et vers 23 heures tout le monde est couché. On rejoint notre belle chambre, les draps sentent bons, le lit est confortable, pas un bruit aux alentours… la nuit s’annonce parfaite, et elle le sera.
Et on arrive enfin à aujourd’hui, lundi pour la fin de cette très longue rétrospective. Je me lève vers 10 heures, premier européen debout, mais loin d’être le premier de la maison en activité. Tout le monde vaque à ses occupations principalement à la préparation du repas du midi. La cuisine, principale activité ici, encore un air de Kanaky ! Mes deux compères me rejoignent rapidement et après un petit dej’ rapide on se lance avec Florian, vite rejoints par Cédric dans une partie de pêche dans le petit étang du jardin. Une partie remportée après une petite heure par Florian avec 4 prises suivit de moi-même avec 2 quand le Waras arrivé un peu trop tard ne parvient pas à taquiner du goujon. On les rejette tous a l’eau sauf un qui finira dans notre assiette a midi. Un repas ou l’on est encore gâtés. On ne nous laisse rien faire, on se fait donc servir comme des rois, et le repas terminé c’est le début de la partie de carte. Je laisse Cédric et Florian se faire battre par les femmes de la maison, et je vais me faire un tour en moto rapide vers la ville. Et décidemment j’adore cet engin. C’est décidé, dès que je serai posé (ce n’est pas encore gagné) je m’en achète une, tellement la sensation de liberté est grande au guidon. De retour, je profite de l’ordi à Florian et de son clavier azerty pour écrire. Pas d’internet, mais ca me permettra de passer peu de temps dans un cyber demain pour envoyer ça sur le blog. Apres un nouveau festin, on discute longuement avec Cédric et Florian, avant d’aller se coucher après une journée passée à ne rien faire, mais quel bonheur. Au milieu de la famille, à voir le rythme de vie, se faire chouchouter, loin des fêtes mais proche des sourires, ces quelques jours de repos s’annoncent idéaux.
De quoi recharger pleinement les batteries avant d’attaquer les iles du sud où je rejoindrai dans quelques jours Hicham, Kéké et Oggy, futur marié venu passer quelques jours au soleil avec nous. Le Waras nous rejoindra plus tard, après un passage avec la belle Sylvia vers le Cambodge et Angkor.
La vie est belle !
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