Je vous avais laisse a Riobamba avec un train qui voulait pas de moi…. Mais depuis beaucoup de choses se
sont passees. Premierement, apres avoir laisse le cyber je suis retombe sur les 2 francais de Saint Bart. Apres une soiree en boite (rien de bien passionant), on se donne rendez-vous le lendemain
a 6h30 devant le train pour essayer de gratter des places. Mais le lendemain, pas de signe de vie des deux garcons. Je suis a la gare tout seul et confiant, j’arrive bien a frauder la SNCF, y a
pas de raisons que ca marche pas ici.. et justement j’apercois un controleur avec un pins de la sncf sur la casquette.. porte d’entree je lui fait la causette.. « y a pas de billet c’est
sur », « oui, c’est sur », « sur, sur ? », « oui, sur, sur », « mais si je te donne dix dollars a toi, peut-etre que… », « vas-y,
monte »…
Le billet coute 11.5 dollars je suis content de mon coup. Le temps est magnifique, le chimboranzo se
montre enfin et je me retrouve a voyager entre deux wagons, donc dehors. Autant vous le dire tout de suite, a part le folklore du train en lui-même rien d’exceptionnel. Depuis que deux couillons
de japonais ont trouve le moyen de se faire decapiter il y a 5 mois, l’acces au toit est interdit (apres la chute d’une nana de la pyramide de Chichen Itza ils commencent a me broutter ceux-la),
et le train perd beaucoup de son interet. Les paysages sont sympas jusqu'à arriver a la narine du diable. Tout le monde descend « que c’est joli », et puis on repart. La fin du tajet
est la plus belle, j’ai les pieds dans le vide et on arrive enfin a Alausi. A partir de la tout s’enchaine et je regrette que mes yeux ne puissent pas prendre de photos. Charge comme une mule je
marche dans la ville en plein marche du dimanche.. les couleurs sont plus belles que partout ailleurs, on se croirait en plein western. Un enorme christ surplombe la ville encaissee au milieu des
montagnes. Et la, grosse hesitation. Pour rejoindre Cuenca, deux possibilites. La sure, en bus, 4 heures et 4 dollars ou la plus incertaine… rejoindre un village que personne connaît Achupallas
pour y chercher un certain Manuel Taipelisa dont je ne sais meme pas s’il est la, pour rejoindre Ingapirca en cheval apres deux jours par le chemin des incas. Dans le guide, deux lignes pour dire
« taxi collectif a 10 dollars, puis nuit chez manuel et pour 30 dollars deux jours de cheval »… J’ai jamais fait de cheval, ca semble complique, mais trop de touristes montent dans le
bus pour Cuenca du coup je me lance.. Apres une dizaine de demande je trouve enfin un espece de van rempli de 17 indiens aui va au village. Je me glisse entre eux, et encore une fois je suis le
seul blanc donc la star des enfants donc de leur mamans… j’offre des bananes sechees a tout le monde et je suis adopte. Les costumes des nanas sont
superbes : chaussures de ballerines, collans en laine blancs, jupes en laine epaisse bleues ou mauves, grans challes dans la couleur opposee et chapeaux ornes d’un plume de paon. Mais pas
question de prendre des photos. Apres 3 tours dans le village ou a chaque fois monte une personne supplementaire on prend la route, direction les nuages.. Ca monte, ca monte sur une route en
terre avec un precipice a cote.. plus impressionant et authentique aue la narine du diable ! Le tout pour un dollar, premiere erreur du routard. Apres 1 heure vertigineuse je me rtrouve dans
ce village paume, a pas y voir a trois metres.. je demande manuel, et apres trois maisons je tombe sur lui.. enfin !! Il m’emmene a l’hotel du coin (deuxieme erreur du routard) et m’annonce
le prix 120 dollars (3eme erreur). Ce sera la seule mauvaise surprise de ces trois jours. J’avais pas prevu le coup et je n’ai que 110 dollars avec moi. Moins 10 pour l’hotel et moins 20 que je
cache au cas ou. Car Manuel me certifie qu’il y aura un distributeur pour la difference mais je suis pas persuade. Je lui donne donc 80 et on verra plus tard.
L’hotel est tenu par Ines, 55 ans, qui me fait penser a ma meme, aidee de Gavi, 6 ans et Joce, 8 ans.
Pour 8 dollars, elle m’offre la nuit, le repas du soir et le petit dej.. Mais avant un bon the reparateur car il fait froid.. le repas arrive, delicieux et je me retrouve au cœur d’une veillee au
coin du feu. J’ai le droit a Robinson crusoe en espagnol et ensuite aux legendes du coin.. la pierre des incas qui cache la source d’eau, les rochers solitaires qui sortent de nulle part, photo a
l’appui… comme a la maison. Incroyable que ce lieu ne soit mentionne nulle part…
Je pars me coucher, la tete pleine d’histoire car le lendemain manuel vient me chercher a 8
heures.
Le reveil est tranquille, il fait super beau et je decouvre les environs du village. Des montagnes
partout autour (desole Fifi mais c’est bien plus beau sans la neige), un plaisir. Apres un bon petit dej’ je quitte a regret ce lieu si hospitalier. Manuel debarque, charge la mule des provisions
et de mon sac et me presente mon cheval.. Il s’appelle Caballos (pas tres original) et la mule Bourro (toujours pas original). « et toi il est ou ton cheval » « moi j’en ai pas je
vous suis a pied » ! J’hallucine mais me voila embarque avec ce jeunot de 52 ans capable de fatigue une mule et un cheval et d’enchainer sur le marathon de New-york. Je prend mes
reperes sur Caballos et en fait c’est pas tres dur. Souplesse du bassin pour encaisser les acoups, abdos pour rester pencher en avant dans les montee (en ecrivant ces lignes je me dit que je
devrait trainer plus souvent dans les hippodrome moi……), et pour le reste c’est comme une moto. On change les vitesses avec les pieds (pas et trot, j’ai pas tenter le galop) et on se dirige et
freine avec les mains. La montee commence doucement pour rejoindre du village le chemins des incas. Un chemin qui relie Quito a Cuzco et qui etait emprunte par les incas au temps ou les deux
villes etaient amies (soit avant les deux freres aui se sont frittes des annees).
Les deux premieres heures sont somptueuse, la vallee est verte, le ciel bleu, les montagnes noires et au
forme hallucinante, le tout dans un silence juste coupe par les clop clop de mon cheval et les « Burro » de Manuel pour faire accellerer son ane. On passe un premier col a 3800 metres
et on arrive dans une longue vallee aui me rappelle les Pozzi en Corse. Au milieu un petit ruisseau fens la sphaigne et autour la monotonie des montagnes n’est coupee que par des cascades et des
troupeaux de moutons. Deux nouvelles heures comme ca ca fait un peu long mais on atteind un premier lac celui des trois croix pour une pause bien meritee. Une pause ecourtee car a peine deux
minutes plus tard on se fait rattraper pas les nuages qu font leur apparition. On repart vite vers le point culminant du voyage une crete a 4830 metres.. dans les nuages. La changement total de
decor, on se croirait sur la lune. Du sable jaune, plus de verdure, des rochers noirs et apres quelques metres les nuages s’en vont et j’hallucine. A droire une vallee coupee par une riviere a
gauche un lac perdu dans un cirque de montagne. Il faudrait une camera pour vraiment rendre un peu de la realite. Du coup je descends du cheval et on entame la descente vers le lieu ou on va
dormir. Une nouvelle vallee un nouveau lac et une nouvelle pensee pour la corse et Vitalac, pour atterir dans une muleterie. Un groupe de 10 jeunes est la mais l’une d’entre eux a la bonne idee
de tomber malade et ils repartent aussitôt. Je prends mes appartements au milieu d’une paillasse et je me pose 5 minutes pour admirer la serenite de l’endroit. 5 minutes pas plus car d’un coup
une tempete de grelon s’abbat sur nous. Je me refugie dans la « cuisine » ou Manuel nous prepare un the puis une soupe de poulet.. Moment culinaire et recette en
direct :
Decouper un poulet en petit morceaux, faire chauffer l’eau du lac grace a la paille, presser le poulet a
main nue pour en faire sortir le gras, jetter les morceaux dans l’eau, y rajoutter un oignon coupe en morceau, un gros filet d’huile (dietetique oblige), des pattes chinoises, puis une espece de
pate d’epice a base de curry.. faire chauffer une heure a feu bien puissant en couvrant et c’est prêt. Le pire c’est que c’est bon sauf quand je tombe sur un bout de poulet non identifie. Apres
avoir trouve l’œsophage je comprend qu il s’agit du coup, et je le laisse a mon hote du soir. Une fois le liquide bu on y ajoute le riz prepare la veille par madame et on est blinde pour aller se
coucher a 18 heures.. Je me retrouve dans ma paille, et me rend compte que je ne suis pas le seul taureau a ronfler.. tout un troupeau a cote s’en donne a cœur joie, mais emmitouffle dans ma
couverture je m’endors sans trop d’effort.. Une bonne nuit passee a rever mais je ne rentrerai pas dans les details, trops complique. Tout le monde etait present les uns apres les autres..
delirant.
Reveil a 6 heures, frais (c’est le cas de le dire) comme un gardon, et apres un bon the on repart pour
les 5 heures finales sans l’ane qui nous ralentit d’apres Manuel qui veut etre rentrer avant la nuit chez lui. Du coup je monte avec mon sac a dos sur le dos (logique). Les spouitch spouitch du
cheval dans la sphaigne sont remplaces par des scrouitch scrouitch car tout est gele, mais je suis equipe tout va bien.
On croise les restes d’un pueblo incas que le temps aide par les touriste a raye de la carte, d’autres
lacs et on arrive au premier village celui de San Jose. Droit de passage 3 caramels. La nature reprend ces droits et la montagne redevient verte et accueillante. Des fermes fleurissent un peu
partout et on se rechauffe petit a petit.
Les dernieres heures sont un peu longues pour arriver a Ingapirca, que l’on apercoit de loin mais qui se
rapproche tres lentement. Las-bas il y a des ruines que l’on surplombe vite mais qui n’ont rien d’impressionant. Tres renovees on n’y sent pas le cote mystique du Mexique ou du Guatemala. Du coup
je zappe la visite. Un bus est la prêt a partir pour Cuenca mais comme je le craignais pas de distributeur. Le premier est a 20 kilometres. Je sors alors les 20 euros caches et discute avec
Manuel « j’en garde 10, je t’en donne 10.. en tout 90 pour toi. Aujourd’hui on avait pas d’anes j’ai porte mon sac.. » pas le temps de finir mon argumentaire il me dit que je suis plus
un ami qu’un client et que 90 c’est tres bien. Je le sers dans mes bras, fais un gros calins au cheval et monte dans le bus..
Deux heures apres me voila a Cuenca de retour dans la civilisation qui ne m’avait pas manque. Deux jours
pour visiter « l’Athenes de l’Equateur » ce sera suffisant..
Avant d’aller dormir et en guise de conclusion, j’emprunterai deux citations a deux grands philosophes
contemporains francais (issus de l’immigration, desole Nicolas S. ) que sont Omar Sharrif et Fernandel (je detournerais d’ailleurs celle de ce dernier :
« Le cheval c’est mon dada » et « Quand je suis dans les andes….. » (je vous laisse
terminer) !
Commentaires